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En présence des maires d'Ancy et Dornot, des élus, du conseil municipal des jeunes et de nombreux ancéens, Mme Provanzano a rendu hommage aux poilus, en prononçant ce discours :
"91 années se sont déjà écoulées après la victoire en 1918 de la France et de ses alliés sur l’Allemagne conquérante de Guillaume II. Ils sont partis 8 400 000 ceux qui allaient devenir nos poilus. Plus d’1 400 000 d’entres eux n’en revinrent pas, morts au champ d’honneur.
Ils sont partis avec, au plus profond de leur cœur, la fleur de l’espoir en une victoire rapide. Hélas, après la courageuse victoire de la Marne en 1914, où ils perdirent déjà 80 000 des leurs, ils se sont enterrés pendant quatre longues années, dans la boue, la vermine, la sueur, le froid, le sang, les rats et la peur.
Et, malgré les souffrances, les épreuves, la mort qui les frôlait à tout moment, ils ont tenus, repoussant les limites de l’homme au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer. Leur courage, ils le tenaient d’un visage de femme, de mère, de fiancée, d’épouse et souvent d’enfants, sans savoir quand ils les reverraient si la grande faucheuse les épargnait, tant le temps leur paraissant long.
Jour après jour, mois après mois, année après année, c’est enfin la victoire de 1918. Devant l’hécatombe de nos poilus, la Grande Guerre, la Der des der comme ils l’espéraient, la Grande Guerre nous parle toujours ; elle nous émeut ; elle nous oblige à un dialogue sans fin avec nos morts. Après le décès en 2008 de Lazare Ponticelli, notre dernier poilu, une page d’histoire vivante de la France s’est définitivement tournée.
Le traité de Versailles de 1919 devait signifier l’espoir d’une paix durable. Hélas, il portait en lui les germes de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, en ce 11 novembre, nous nous souvenons, nous avons en mémoire tous ces hommes tombés en ce champ d’honneur. Et les 700 000 veuves de guerre et plus de deux millions d’orphelins.
Le 11 novembre doit à jamais rester dans nos cœurs et nos esprits. C’est la raison pour laquelle, alors que tous les acteurs de la Grande Guerre ont disparu, le 11 novembre doit être la journée nationale (mais pas unique), d’hommage de la Nation à tous les morts pour la France, de toutes les guerres passées, présentes."
Gérard COLLIOT,
Vice-président national
La Voix du Combattant |