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La table ronde a été ouverte par Sylvie Fortier-Rolin, présidente de l’association Graine d’Ortie et co-animée par Jean-François Tondon, membre de cette association et Jean-François Quentin, actif à Bouge-le-Monde. Jean-François Tondon a définit ce qu’est le bio, l’écolo et l’équitable.
Le bio : cultiver sans engrais, sans pesticide, sans OGM, respecter la durée d’élevage des animaux de consommation.
L’écolo : protéger l’environnement, acheter en fonction des saisons (éviter les fraises en hiver), favoriser l’achat de denrées locales (éviter les transports lointains).
Equitable : fixer des prix justes permettant aux producteurs de vivre dignement.
Il n’est pas toujours évident d’allier ces trois dimensions : acheter un produit bio (comme le miel), en provenance de l’Amérique latine n’est plus tout à fait en lien avec le respect de l’environnement, tant le transport aérien pollue. Si, de plus, le producteur n’est payé à un prix établi en rapport avec le niveau de vie de son pays…. On voit bien la difficile conciliation de tous ces aspects.
Ainsi, Elisabeth Galano, représentant Artisans du monde, a expliqué les tensions existant entre le commerce équitable, le respect de l’environnement et le biologique. Artisans du Monde se refuse de distribuer ses produits en grande surface car les grandes chaînes de distribution en font une vitrine qui cache la réalité de leur objectif premier : faire le maximum de profit.
Mélanie Raganelli a décrit l’accueil éducatif du public au sein du magasin Bio-Ethique de Woipy, évoqué les problèmes d’approvisionnement et de vente. Pour elle, la présence de produits biologiques en grande surface en permet la publicité et offre, aux consommateurs, la possibilité de découvrir les produits bio sans avoir à effectuer trop de déplacements en voiture.
François Chevallier a témoigné de son travail de paysan bio, parlé de ses valeurs, pas toujours compatibles avec la viabilité économique de son exploitation. Pour lui, il est injuste que les produits bio soient onéreux et, de ce fait, non accessibles aux personnes les moins fortunées.
Constance Vuillettier a présenté la Maec et proposé une synthèse politique du problème posé par ces trois dimensions.
Ainsi, les questions suivantes ont été débattues : le prix des produits bio et équitables, les lieux de distribution, le pouvoir du consommateur, la décroissance…
Comment acheter local si les terres arables et fertiles proches des villes sont urbanisées à outrance (l’immobilier est plus rentable que le maraîchage) ?
Comment acheter bio si les subventions aux agriculteurs favorisent la production conventionnelle ?
Comment acheter solidaire si la rentabilité à grande échelle passe avant la rémunération et la vie décente de l’humain qui produit ?
Produire, acheter, vendre du bio n’est pas toujours simple, équitable et pas nécessairement bon pour la planète : émission de CO2, emballages, transports routiers, aériens…
Que faire ? se déculpabiliser (on ne peut pas toujours consommer bio, écolo et éthique en même temps) mais on fait au mieux ce qui est une posture responsable et réfléchie.
La société civile, au travers de nombreuses associations, œuvrent et promeuvent sans relâche, un modèle de production qui préserve et l’environnement et la dignité humaine. Si nos bulletins de vote ont parfois du mal à orienter les programmes dans ce sens, alors, en attendant et à défaut, engageons-nous dans des actes d’achat citoyens et militants. Ils finiront peut-être, s’ils deviennent de plus en plus nombreux, à a faire évoluer les réglementations politiques dans le bon sens.
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